Mauritanie-Projet pour une Gouvernance Efficace pour un Ecosystème Rentable (GEER)/Tarek Cheikh Baha

Mauritanie-Projet pour une Gouvernance Efficace pour un Ecosystème Rentable (GEER)/Tarek Cheikh Baha

Cette réflexion intitulée : Gouvernance Efficace pour un Écosystème rentable (GEER) a pour objet de proposer des idées devant contribuer à la clarification de la vision pour un développement durable de l’économie mauritanienne.

Pour l’exécution de ce projet, notre recherche s’est fondée sur la base des rapports publiés par les organisations internationales, sur des références gouvernementales, etc. Aussi, aborderons-nous dans un premier temps une présentation descriptive de la Mauritanie tenant compte de ses atouts et de ses limites.

Dans une seconde partie nous ferons une analyse comparative entre la Mauritanie et des pays distincts sélectionnés en fonction de leurs performances en matière de gouvernance politique et économique.

Ces analyses comparatives nous permettrons de présenter notre cadre de proposition adapte au système économique mauritanien. En conclusion, nous ferons les projections découlant des résultats potentiels attendus d’un tel cadre proposé en termes d’opportunités et de croissance durable.

Mauritanie – Présentation :

La Mauritanie est un vaste pays d’une superficie de 1 036 000 Km2, principalement désertique avec des infrastructures peu développées, avec une population de 4,2 millions (M) en 2021, vivant principalement en bordure de mer. Selon le ministère du Pétrole-Mines et de l’Énergie, le pays dispose d’importantes ressources minières sous-exploitées, telles que le fer, l’or, le cuivre, l’uranium, le phosphate, le sel, le gypse et le quartz. Un projet de gaz naturel liquéfié est en cours de mise en valeur. Ce gisement dénommé : GTA (Grand Tortue Ahmyeim) se situe à cheval sur la frontière Mauritano-Sénégalaise. Il appartient à part égale à ces deux États et sera exploite par un consortium dirigé par BP. La première production de 2,5 millions de tonnes est attendue début 2023 pour la phase 1. De plus, la Mauritanie est sous plusieurs accords avec des sociétés internationales, à savoir, CWP Global et Chariot Oïl pour étudier le potentiel d’énergie propre que le pays pourrait offrir au marché mondial.

Sur le plan économique, la Mauritanie est l’un des principaux exportateurs de minerai de fer dans le monde. Le fer représente près de 50% des exportations du pays avec la pêche à 17% et l’or à 12%. En 2021 la croissance du PIB était de 2,7% contre -1,8% en 2020. Ce taux est attendu en 2022 à 4,1%. L’inflation était de 3,5% en 2021 contre 2,4% en 2020. Les prévisions pour 2022 la situent à 4,0%. Le solde courant de la balance des paiements qui était de -11%/PIB en 2020, s’est très légèrement infléchi en 2021 à -10,9%/PIB, et est prévu à -9,8%/PIB en 2022. La dette publique a tendance à diminuer : 73%/PIB en 2020, 65%/PIB en 2021, 62%/PIB prévu en 2022. Cette tendance est principalement dû à plusieurs allégements de dette que le Gouvernement Mauritanien (GOM) a initiés avec leurs principaux propriétaires de la dette, à savoir le Koweït et la Chine.

La Mauritanie est considérée comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Il bénéficie néanmoins d’un important soutien des donateurs et des organisations internationales. Comme beaucoup de pays à revenus modestes, la Mauritanie a connu les politiques d’ajustement structurel édictées par les Institutions financières internationales consistant à libéraliser l’économie, à réduire la présence du secteur public dans les activités productives, à restaurer la compétitivité des économies et à relancer le secteur privé. Même si ces politiques d’ajustement ont pu aider à rétablir à terme les équilibres macroéconomiques, par un meilleur fonctionnement des marchés intérieurs, par des politiques de change et de taux d’intérêt mieux maîtrisées, il n’en reste pas moins que les conséquences de ces mesures étaient douloureusement ressenties par les populations.

Ces mesures s’étaient attaquées aux pratiques de l’État providence, avaient augmenté le chômage par des compressions drastiques des personnels pléthoriques, diminué les salaires et supprimé les subventions directes ou indirectes des produits de première nécessité contribuant ainsi à la hausse de ceux-ci. A terme, cependant ces mesures ont eu des résultats bénéfiques par un retour à la croissance par un développement du secteur privé et par une diversification des activités économiques.

Par la suite, et au regard du surendettement de certains pays, une nouvelle Initiative a vu le jour : celle des « Pays Pauvres Très Endettés -PPTE » initiée, elle aussi, par les Institutions de Breton Woods. La Mauritanie figurait à l’époque au rang des pays éligibles, à cette l’initiative.

Effectivement, la Mauritanie dispose de nombreux atouts et potentiels : Un secteur extractif encore faiblement mis en valeur, des ressources halieutiques faiblement valorisées, un secteur agropastoral sous exploité, un vaste territoire occupant une position géographique stratégique pour les échanges nord-sud et sud-nord et bénéficiant de conditions climatiques qui sont devenues, avec les progrès technologiques et les exigences environnementales, de précieuses sources de création de richesses. Ces données réelles de l’économie permettent donc d’envisager un développement économique d’envergure du pays. Dans cet esprit, le GOM a conçu une Stratégie de Croissance et de Prospérité Partagée de la Mauritanie (SCAPP) qui vise à promouvoir une croissance durable et inclusive, en renforçant la bonne gouvernance à travers toutes les institutions et créer un climat propice et durable pour la pratique des affaires dans le pays. Cette stratégie est appelée à couvrir la période allant de 2016 jusqu’à 2030.

Analyse Comparative des systèmes économiques :

Le tableau présenté ci-dessous synthétise les informations recueillies à partir de l’indice de liberté économique qui reprend les scores attribués aux pays comparés concernant la liberté économique et commerciale ; l’État de droit à savoir la taille du gouvernement, l’efficacité réglementaire et l’ouverture du marché. Tout d’abord, on constate que la Mauritanie est globalement mal notée avec 55,28 par rapport aux trois autres pays, objet de cette étude, que sont le Sénégal avec 60,03, le Botswana avec 64,83 et l’ile Maurice avec 70,87.

Cependant, le score de liberté économique (SLE) de la Mauritanie est légèrement supérieur à la moyenne régionale attribuée à la région subsaharienne. Sur ces quatre facteurs, seule la taille du gouvernement est acceptable car les indices sont classés entre « libre » et « généralement libre ». Mais malheureusement, sur les facteurs restants la Mauritanie est mal notée par rapport aux trois autres pays comparés, dont les scores globaux sont supérieurs à la moyenne subsaharienne et à la moyenne mondiale.

chitari 24

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