« Ghazouani qui a bien avancé sur le terrain des libertés publiques doit prendre à bras le corps la question de la propriété foncière » dixit Biram O. Abeid

« Ghazouani qui a bien avancé sur le terrain des libertés publiques doit prendre à bras le corps la question de la propriété foncière » dixit Biram O. Abeid

C’est ce samedi, 05 mars 2022, à partir de Rosso, que le parti RAG inaugure sa nouvelle saison politique, dans un contexte nouveau (celui de la reconnaissance tant attendue sous Aziz et acquise finalement sous Ghazouani), en tenant son « premier congrès régional dédié au camarade feu Sy Bocar » en présence de l’honorable député Biram Dah Abeid, président de l’Organisation IRA, et du président du parti RAG, l’ancien ministre Oumar Ould Yali ainsi que de nombreux cadres et militants de la mouvance IRA-RAG au Trarza.

Loin d’être un baptême de feu, comme le serait le premier congrès de tout parti naissant, celui de RAG qui s’étale sur deux jours, s’annonce comme l’entrée en force sur la scène politique pour être l’instrument de conquête du pouvoir pour un homme arrivé, à deux reprises, second à l’élection présidentielle (2014, 2019) et qui affiche des ambitions légitimes pour celle qui se profile à l’horizon (2024).

Après avoir salué les militants et cadres du parti, dans la capitale du Trarza ainsi que dans les moughataas, communes et localités de cette wilaya, Biram Dah Abeid, invité d’honneur de ce congrès, a déclaré que « l’objectif du parti RAG est de remettre le pays sur les rails et de défendre le citoyen où qu’il se trouve sur le territoire national ».

Il a également lancé un appel au président Ghazouani à « œuvrer rapidement pour mettre fin à l’injustice que subissent de nombreux citoyens pour que chacun puisse jouir de ses droits. » Dans cette optique, Biram Dah Abeid a demandé à ce que le tort dont souffre la jeunesse de Rosso soit réparé, louant au passage l’apaisement initié par le président Ghazouani qui a permis à l’organisation IRA de mener ses activités en toute liberté et indépendance, dans le cadre de la loi.

Interpellant les congressistes  du Trarza, le député Biram Dah Abeid déclare que c’est à travers eux, en cette occasion, qu’il s’adresse à tous les Mauritaniens pour dire que, dans cette nouvelle ère, l’objectif du parti RAG est d’arriver au pouvoir en République Islamique de Mauritanie. « Ce congrès tenu en ce 5 mars a pour objectif de préparer les prochaines échéances électorales, de préparer la victoire aux législatives et aux communales prévus en 2023 », a martelé le président d’IRA, le député Biram Dah Abeid. Il va s’en dire aussi que l’échéance de la présidentielle, en 2024, est un rendez-vous important, ce qui doit pousser le parti RAG et l’organisation IRA, dont je suis le président, à coordonner leur action pour atteindre l’objectif visé. BDA a fustigé le clientélisme politique, responsable, à ses yeux, du tort et de la situation déplorable dans laquelle se trouve la ville de Rosso, notamment sa jeunesse, par l’action du parti au pouvoir, ce « variant » qui accompagne les politiques de tout régime depuis la naissance de la Mauritanie indépendante.

« Dans nos rapports avec le pouvoir, c’est nous qui évaluons et décidons, avec clairvoyance,  en fonction de l’évolution de la situation », déclare le président d’IRA, qui répond ainsi à toutes les insinuations et accusations d’accointances avec un pouvoir dont seul le Chef aura changé. Pour BDA, il revient à son organisation et au parti RAG de choisir les « armes » et celles, actuelles, sont, effectivement, « le dialogue avec un pouvoir qui a choisi l’apaisement et le parti de la liberté longtemps étouffée sous Aziz ». IRA et RAG ont résisté, quasiment seuls, à l’oppression durant la décennie 2009-2019, en tenant la forteresse « opposition », et on leur demande, aujourd’hui, de poursuivre dans une attitude qui ne sied plus à la situation actuelle ! Nous savons comment agir pour atteindre nos objectifs ; nous savons que cela ne sera pas facile dans un pays où le découpage électoral est fait en fonction de « fiefs » détenus par des chefs (tribaux) et des sheikhs (marabouts) qui s’accoquinent avec le pouvoir dans des relations loin d’être démocratiques. « Nous respectons ces « pouvoirs (chefferies, confréries, etc.) mais nous leur disons que, pour conserver ce respect, il faut se tenir à l’écart de la confrontation politique entre nous et le parti au pouvoir. Nous n’accepterons plus jamais que, dans un Etat démocratique, les bureaux de vote soient ouverts et « gérés » selon le bon vouloir d’un chef de tribu ou de confrérie qui veut donner la preuve de son allégeance au pouvoir en traficotant le vote des électeurs ».

Parlant de la wilaya du Trarza, BDA dira qu’elle souffre d’un « cancer électoral » qui empêche toute élection de réussir en donnant le vrai visage du rapport de forces. « Nous nous dirigeons vers un vrai vote et donc, n’accepterons plus qu’un cheikh impose à la CENI le choix des membres des bureaux qui viennent dans son fief, s’assure, par les inscriptions sur la liste électorale, de la victoire dans sa circonscription et « transporte » (au sens littéral du terme) le surplus d’électeurs venus de Gambie, du Sénégal ou d’ailleurs, là où ils peuvent servir le parti au pouvoir ! »

Aux militants du parti RAG, Biram Dah Abeid déclare : nous n’accepterons plus ce genre de marchandage (deveun-te) entre ces chefs et le pouvoir ». Il faut maintenant libérer les campagnes, comme nous avons réussi à libérer des villes comme Rosso où nous avons montré notre poids électoral et notre force au pouvoir en 2019. » Et le président d’IRA de  poursuivre : « nous respectons les saints, les cheikhs et chikhs, s’ils acceptent de s’en tenir à leur rôle traditionnel et à ne pas s’immiscer dans les confrontations politiques ». En Grande-Bretagne, il y a bien une reine qui a hérité d’un pouvoir monarchique séculaire mais qui n’intervient d’aucune façon dans les joutes électorales opposant les partis politiques. Elle ne vend les voix de personne, ne se range du côté de personne et s’en tient à son rôle bien défini dans une monarchie constitutionnelle. »

L’esclavage foncier a occupé une place de choix dans le discours du président BDA. En référence au discours « historique » du président Ghazouani à Ouadane, le président d’IRA évoque une convergence de point de vue sur le combat à mener pour plus d’équité en combattant l’hégémonie tribale qui empêche l’émergence d’un Etat de droit où tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Il faut que les habitants de cette wilaya, qui sont agriculteurs de pères en fils, arrivent à la propriété de la terre accaparée par des « arrivants » qui ne cherchent qu’à tirer profit, s’appuyant sur l’administration, des aménagements réalisés dans le cadre des programmes de l’OMVS, et des financements octroyés par l’Etat. Des milliards d’ouguiyas ont ainsi été dilapidés dans les casinos et en bien immobiliers à Tevragh-Zeina. Ils appliquent, sur la Chemama, restée telle qu’elle, exactement comme ce que dit alors le dicton : « prenez ses richesses mais n’en faites pas une patrie » ! Nous n’accepterons plus une telle situation ; notre soutien va aux vrais agriculteurs et nous disons à l’administration qui leur demande « où sont vos papiers ? » : « c’est toi qui détient ces documents et tu sais à qui tu les donnes, par simple coup de téléphone, par clientélisme et ségrégation ! »

Le président de l’IRA, pour corroborer ces injustices, cite l’exemple de la localité de Niawlé où les habitants exploitaient traditionnellement environ 1000 hectares mais en ont été dépossédés pour n’en conserver aujourd’hui que 2% (20 hectares) ! Ces terres usurpées sont données, à coups de centaines d’hectares, à des personnes qui viennent d’on ne sait où ! Une situation qui dénote d’une injustice flagrante quand on sait que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz s’était emparé de 2000 hectares et qu’un autre homme avait bénéficié de la même superficie octroyée à des centaines de familles, plaçant celle-ci dans une grande prison à ciel ouvert ».

« Ce sont là deux exemples de milliers d’autres qui concernent des Haratines victimes de cet esclavage foncier désolant », dira le président d’IRA sous un tonnerre d’applaudissements.

« Si vous voulez que l’esclavage ne soit plus évoqué, il faut alors le bannir comme pratique », déclare BDA qui se lance dans une critique acerbe de ces jeunes pseudo intellectuels Haratines qui, payés en argent ou en postes, s’en prennent à lui sans conviction. L’histoire ne doit pas être dévoyée en cherchant aux Haratines une origine qui relève d’un nouveau mythe bâti sur un ancêtre commun (Hartun ». Ils ne sont, en réalité, que les damnés de l’injustice sociale, comme on en trouve dans toutes les autres communautés nationales (peule, ouolof, soninké). Nonobstant cette volonté de nous « vendre » cette haratinité, qui serait différente d’un esclavage dont elle n’est que la face cachée, il faut comprendre que tout le reste est – aussi – une mystification : les origines, la noblesse, le « salaah » (sainteté), etc., etc.

Finalement, on se demande qu’est-ce qui est important ? Les gens doivent s’orienter vers ce qui est important, à savoir partir de la réalité. Celle de la propriété foncière, explique le président d’IRA  découle de l’envoi par les anciens maîtres, vers les terres agricoles de la Chemama, du surplus d’esclaves pour l’exploiter en leur nom, au nom de la tribu, eux qui n’ont jamais coupé un arbre ni arraché une herbe ! En arrivant, le colon, pour « acheter » la tranquillité, attribue, par écrit, ces terres aux tribus. Il n’y a pas autre chose, conclut BDA, dans ce cours sur la propriété foncière en Mauritanie se fondant sur une injustice criante à l’encontre des Haratines.

« Je pense que le président Ghazouani qui a bien avancé sur le terrain des libertés publiques, comme en témoigne cette réunion (impossible, à l’époque d’Aziz qui allait envoyer sa police pour la réprimer), doit prendre à bras le corps cette question de la propriété foncière. »

« Ceux qui disent que Ghazouani n’a rien apporté parlent faux. Car, au temps d’Aziz, on n’allait pas être aussi nombreux qu’aujourd’hui dans cette salle. Nous constatons aussi que nous avons enregistré, en dehors de la présence de nos irréductibles militants, la présence de  deux types de personnes : ceux qui évitaient tout ce qui ne plait pas à l’Etat, qui le réprimande et emprisonne pour le contrecarrer. Ceux-ci, en voyant que Ghazouani autorise Biram et ses amis à se réunir, sont sortis de leur peur pour venir nous apporter leur soutien.  Ils ont dit : « nous ne pouvons pas supporter ce qu’a subi Biram et certains de ses compagnons du premier rang, mais nous aimons Biram et son programme. Le second groupe est composé de personnes qui ne craignaient pas Aziz  ou n’étaient pas attirées par ses « appâts » (du gain) mais voyaient en Biram le « Pharaon » que certains milieux et officines présentaient à l’opinion publique nationale. Un Biram qui « insulte », et « frappe » même. Nous avons aussi dépassé cette étape grâce à Ghazouani qui a reçu Biram à plusieurs reprises au palais présidentiel et a discuté avec lui au vu et au su de tout le monde. Le message du président de la République était clair : « je rencontre Biram dans l’intérêt de la Mauritanie, Biram est un dirigeant de stature nationale, incontournable de par ses résultats aux présidentielles et son leadership à l’opposition ». On a alors compris que tout ce qui se disait sur Biram n’était pas vrai, qu’il s’agissait d’une diabolisation faite, à dessein, pour tenir le pays sous tension. Merci Ould Ghazouani.

Mais celui qui nous connaît sait que, le traitement que nous a réservé Oud Abdel Aziz, tout celui qui tentera d’agir de la sorte, nous aura sur le dos.

Je vous  demande, au cours de ce congrès, de débattre de problèmes locaux, comme la construction du pont de Rosso, le port de N’Diago, l’agriculture, les attentes de la jeunesse, la situation déplorable de votre ville. Il faut vous fixer des objectifs et comprendre que tous ces problèmes évoqués tantôt ne trouveront de solutions que quand nous arriverons, nous, à la présidence de la République Islamique de Mauritanie. Les gens parlent, critiquent mais je vous dis, moi, que nous œuvrons  au règlement de tout ce qui peut trouver solution mais le règlement définitif ne sera trouvé que quand, comme je vous l’ai demandé, vous parviendrez à mettre un terme aux pratiques frauduleuses qui ont cours, lors de chaque élection, dans les fiefs tenus par les cheikhs (marabouts) et chikhs (chefs de tribus) qui influent, négativement, sur l’ensemble des opérations de vote. Votre action pour contrecarrer ces agissements doit être légale, démocratique et civique ».

Auparavant, le coordinateur régional du parti RAG au Trarza, Mohamed Mahmoud Ould Bilal, a mot dans lequel il a d’abord souhaité la bienvenue au député Biram Dah Abeid et aux dirigeants du parti ainsi que ceux de l’organisation IRA. Il a déclaré, dans ce qui ressemble à une profession de foi politique, que le Trarza ne décevra pas les attentes des responsables du parti RAG et qu’il sera, aux prochaines échéances électorales, le porte-flambeau du combat que mène le président BDA depuis plusieurs années contre l’injustice 

http://courrierdunord.com/node/5066

chitari 24

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